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La
Manufacture Faïencière Royale de Niderviller: une image bien vivante.
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Fondée en 1735 par Mathias Lesprit sur les terres d'Anne-Marie
André-Défontaine, la faïencerie de Niderviller
bénéficie de tarifs douaniers particulièrement avantageux
appliqués aux terres évêchoises. Dès 1748, sous l'impulsion
du baron Jean-Louis de Beyerlé, directeur de la Monnaie royale
de Strasbourg, elle prend un essor formidable après des débuts
difficiles. Avec Marguerite Chalon, son épouse, il profite
de la réputation des traditions céramiques de Strasbourg pour
embaucher un éventail d'artistes renommés venus d'Outre-Rhin
et de chimistes avertis, parmi lesquels François-Antoine Anstett,
qui deviendra plus tard directeur de la Manufacture. Grâce
à lui, Niderviller fabrique une faïence de qualité.
Après la mort de Stanislas en 1766, la fabrique est
vendue à Adam Philippe, comte de Custine. Homme de goût, entrepreneur
et novateur, le comte de Custine s'associe en 1778
à François Lanfrey, un autre Strasbourgeois et chimiste talentueux.
Celui-ci saura donner un élan nouveau à la production en diversifiant
les matières, les décors et les modèles. Les réalisations
reconnues pour leur raffinement, leur originalité contribueront
au rayonnement de la Manufacture.
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Auréolé de gloire lors de la guerre d'Indépendance
des Etats-Unis, Custine est élu député de la noblesse
aux Etats généraux en 1789. Promu général en chef de
l'armée du Rhin, il sera guillotiné l'été 1793, suivi
de son fils quelques mois après. Lanfrey, lui seul,
sauve la Manufacture lorsque celle-ci sera vendue comme
" bien national ". Il donne libre court à son génie
créateur qui marque définitivement de son emprunte,
l'art et l'espoir de la faïencerie lorraine. Durant
une vingtaine d'années, la Manufacture connaît un nouvel
essor avec une production de faïence et de porcelaine
importante, de terre de pipe et de cailloutage.
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En 1827, Louis-Guillaume Dryander de Sarrebrück, ex-associé
de Boch-Buchmann à Mettlach (Sarre), se cantonne dans la production
de la faïence fine anglaise et abandonnera ensuite la Manufacture
ne pouvant lutter contre la concurrence de Limoges. Une société
par actions Faïencerie de Niderviller et de Saint-Amand gère la
fabrique à partir de 1886. De 1871 à 1918, Niderviller
se trouve en Lorraine annexée par l'Empire allemand, mais ne cesse
pas de produire. Jusqu'en 1948, elle reste dirigée par la
famille Dryander qui fonde également la faïencerie de Pornic, en
Loire-Atlantique.
Héritière de l'esprit de ses fondateurs, la Manufacture Faïencière
Royale de Niderviller a su allier son savoir-faire classique et
traditionnel aux accents audacieux de la création contemporaine.
Aujourd'hui associée à Vallerysthal et à Portieux depuis
150 ans, Niderviller est une entreprise vivante et prestigieuse.
Elle poursuit à l'intérieur de ses splendides bâtiments en grès
du XVIIIe siècle la tradition des arts céramiques - un héritage
de 275 ans de beauté et d'esthétisme.
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