6 juin 1944
 


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Dès notre enfance et adolescence beaucoup d’entre nous furent confrontés et marqués par la guerre.

A partir de 1939, nous avons vécu et grandi parmi les soldats français, allemands, américains, canadiens qui cantonnaient et se relayaient dans notre village. Il nous reste des souvenirs vagues ou pour les plus âgés des souvenirs plus précis qui hantent encore nos mémoires.

6 juin 1944 : débarquement des alliés, américains, anglais et un peu plus tard,de la 2ème division blindée française avec le Général Leclerc en Normandie.

Les français respirent ; mais la route va être longue et dure. L’enfer va continuer jusqu’au 22 novembre 1944 chez nous et fin mars 1945 pour le reste de l’Est de la France. Les troupes hitlériennes vont résister à l’avance des troupes alliées. Le 16 août 1944, une armée franco-américaine sous le commandement du Général de Lattre de Tassigny débarque en Provence et remonte vers le Nord. Au fur et à mesure, les régions françaises sont libérées. Mais cette troupe est arrêtée à Colmar par l’armée allemande qui  résista longtemps dans ce qu’on appela « la poche de Colmar ». Paris est libéré le 24 août au soir.

En octobre 1944, les américains rebroussent chemin en Meurthe et Moselle, les allemands reviennent et emmènent toute la population ainsi que des prisonniers français dans des camions jusqu’à Hanovre détruite par les bombes. Ainsi sont vidés les villages de Xures-Vaucourt – Xousse et Remiremont. La population loge alors dans des grandes salles sans chauffage, les malades sont hospitalisés. Les parents cherchent leurs enfants souvent en bas âge, et un bon nombre de personnes décèdent loin du village. Les habitants ne reviennent chez eux qu’en février 1945 où l’on imagine les conditions de vie (récit de Mme Annie Klupak âgée à l’époque de 4 ans et demeurant Sarrebourg actuellement).

Depuis le 1er septembre, les chars de la 3ème armée dirigée par le général américain Patton essayaient de libérer Metz. Les allemands résistèrent et Metz ne fut libéré que le 22 novembre 1944. Le mauvais temps compliqua encore leur avancée. Dès le mois d’octobre, les alliés se réorganisèrent. Il fallait préparer la reprise de la libération et faire croire aux ennemis à une attaque imminente. De nombreuses reconnaissances aériennes se faisaient dans notre région, d’où les raids alliés avec bombardements de quelques objectifs importants, notamment le tunnel SNCF et le canal de la Marne au Rhin. Les personnes d’Arzviller devaient vaquer à leur travail aux champs. Ils se trouvaient dans leur champ de pommes de terre au moment des bombardements et des mitraillages. Ainsi une habitante, Marie CLEMENT fut blessée au bras. Ernest KRUMMENACKER fut mitraillé dans son champ par un avion passant à basse altitude, mais il réussit à se sauver. Les habitants arrivés dans leurs champs commençaient par creuser un trou pour s’y abriter, puis lors de l’attaque s’y réfugiaient et se couvraient de fanes. D’autres couraient se cacher dans la forêt voisine. Même les vaches paissant paisiblement furent victimes de ces raids.
Certaines furent blessées, d’autres tuées. Lors d’un raid, une forge a brûlé à Arzviller ainsi qu’une maison d’habitation. A Guntzviller cinq maisons furent la proie des flammes. D’autres habitants, des adolescents à peine âgés de 12 ans et toutes les personnes valides se trouvaient également dehors ; car l’ordre donné était « schanzen, schanzen » du matin au soir. Il fallait donc creuser des tranchées. L’armée ennemie cherchait tous les moyens pour faire obstacle à l’avance alliée. Tout le monde vivait dans l’inquiétude. Les jeunes gens ne voulaient plus intégrer l’armée allemande obligatoire, alors ils se cachaient soit chez des amis, des voisins, dans les forêts ou les rochers. Ils attendaient la libération.

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