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Dès notre enfance et adolescence beaucoup d’entre
nous furent confrontés et marqués par la guerre.
A partir de 1939, nous avons vécu et grandi parmi les soldats
français, allemands, américains, canadiens qui cantonnaient et se
relayaient dans notre village. Il nous reste des souvenirs vagues
ou pour les plus âgés des souvenirs plus précis qui hantent encore
nos mémoires.
6 juin 1944 : débarquement des alliés, américains, anglais
et un peu plus tard,de la 2ème division blindée française avec le
Général Leclerc en Normandie.
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En octobre 1944, les américains rebroussent chemin en Meurthe
et Moselle, les allemands reviennent et emmènent toute la population
ainsi que des prisonniers français dans des camions jusqu’à Hanovre
détruite par les bombes. Ainsi sont vidés les villages de Xures-Vaucourt
– Xousse et Remiremont. La population loge alors dans des grandes
salles sans chauffage, les malades sont hospitalisés. Les parents
cherchent leurs enfants souvent en bas âge, et un bon nombre de
personnes décèdent loin du village. Les habitants ne reviennent
chez eux qu’en février 1945 où l’on imagine les conditions de vie
(récit de Mme Annie Klupak âgée à l’époque de 4 ans et demeurant
Sarrebourg actuellement).
Depuis le 1er septembre, les chars de la 3ème armée dirigée
par le général américain Patton essayaient de libérer Metz. Les
allemands résistèrent et Metz ne fut libéré que le 22 novembre
1944. Le mauvais temps compliqua encore leur avancée. Dès le
mois d’octobre, les alliés se réorganisèrent. Il fallait préparer
la reprise de la libération et faire croire aux ennemis à une attaque
imminente. De nombreuses reconnaissances aériennes se faisaient
dans notre région, d’où les raids alliés avec bombardements de quelques
objectifs importants, notamment le tunnel SNCF et le canal de la
Marne au Rhin. Les personnes d’Arzviller devaient vaquer à leur
travail aux champs. Ils se trouvaient dans leur champ de pommes
de terre au moment des bombardements et des mitraillages. Ainsi
une habitante, Marie CLEMENT fut blessée au bras. Ernest
KRUMMENACKER fut mitraillé dans son champ par un avion passant
à basse altitude, mais il réussit à se sauver. Les habitants arrivés
dans leurs champs commençaient par creuser un trou pour s’y abriter,
puis lors de l’attaque s’y réfugiaient et se couvraient de fanes.
D’autres couraient se cacher dans la forêt voisine. Même les vaches
paissant paisiblement furent victimes de ces raids.
Certaines furent blessées, d’autres tuées. Lors d’un raid, une forge
a brûlé à Arzviller ainsi qu’une maison d’habitation. A Guntzviller
cinq maisons furent la proie des flammes. D’autres habitants, des
adolescents à peine âgés de 12 ans et toutes les personnes valides
se trouvaient également dehors ; car l’ordre donné était « schanzen,
schanzen » du matin au soir. Il fallait donc creuser des tranchées.
L’armée ennemie cherchait tous les moyens pour faire obstacle à
l’avance alliée. Tout le monde vivait dans l’inquiétude. Les jeunes
gens ne voulaient plus intégrer l’armée allemande obligatoire, alors
ils se cachaient soit chez des amis, des voisins, dans les forêts
ou les rochers. Ils attendaient la libération.
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