Les brodeuses de perles
 


[ Historique ] Conditions ] Distribution du travail ]

La broderie perlée est une ancienne pratique que l’on retrouve un peu partout dans le monde entier. Ses origines remontent au XIVème siècle. En Lorraine, seuls les objets du culte (bannières, costumes) étaient garnis de broderies.

Vers 1604, un tapissier bruxellois vient travailler à Nancy et y forme des élèves ; c’est à cette époque que naissent les riches robes brodées pour dames. Mais le véritable essor de la broderie à Lunéville date du XIXème siècle. En effet, c’est à cette époque (1816), que l’on commence à appliquer à l’aiguille des paillettes métalliques. Un demi-siècle plus tard, l’innovation de Ferry Bonnechaux (maire de Lunéville) consiste à les appliquer au crochet. Cette innovation dans la technique provoque un essor et donne une impulsion nouvelle à cette industrie locale en multipliant les variétés de perles.

Les matières premières que sont les perles de verre sont importées d’Italie et de Bohème. Les produits finis sont exportés vers l’Angleterre et les colonies françaises. On connaît un ralentissement des affaires durant la première Guerre Mondiale, mais sitôt le conflit terminé, les affaires reprennent.

C’est la crise de 1929 qui portera une sérieuse atteinte à l’activité de la broderie perlée. Après la Première Guerre Mondiale, on comptait 53 entreprises, après la seconde guerre mondiale il en existait que 7 et elles devaient se tourner vers l’exportation, le marché français étant trop exigu.

Aujourd’hui, il ne reste que 5 entreprises en France et les débouchés actuels sont la haute couture, les industriels du spectacle, la télévision, les grands cabarets et revues internationales, et l’exportation, bien sûr !

La broderie dans la région :

C’est à partir de 1870 que les entrepreneurs lunévillois ont étendu leur zone d’embauche jusqu’à l’arrondissement de Sarrebourg. En 1899, elles sont 1500 femmes pratiquent la broderie de perles dont les trois quarts dans l’arrondissement de Sarrebourg (soit environ 73 communes). Des dépôts existent à Sarrebourg, Gosselming, Dabo…

Technique :
Pour broder, on utilise un crochet, une tige de métal pointue et recourbée, vissée dans un petit manche de bois ou d’ivoire, court et fin. Les brodeuses travaillent sur un métier (appelé « Häckelbock » à Dabo c’est-à-dire « tréteau à crochet »). Il est indispensable pour la broderie de perles car il permet de travailler sur de grandes pièces.

Matériaux employés :
Il existe une très grande variété de perles, en verre, en jais, en cristal, porcelaine, faïence, bois vernis ou mat, en métal : or, argent… On utilise aussi de petits morceaux de nacre, des imitations de corail, d’ivoire. Enfin, sont employées environ 500 sortes de paillettes et autres éléments produits de l’industrie moderne, en celluloïde, galalithe, plastique imitant toutes les matières premières traditionnelles. Pour les broderies de Lunéville, en plus des matériaux précédemment cités, sont également utilisés la canetille et les coquillages.

Le tulle est le support privilégié des perles et paillettes. En 1833, le système Jacquard appliqué au métier à tulle va permettre d’obtenir des imitations de dentelles et ces productions dentellières mécaniques vont offrir un nouveau support à la broderie perlée.

Avant d’entreprendre toute broderie, il faut un motif à exécuter. C’est le travail du dessinateur en broderie qui suivant son inspiration, un thème donné ou la mode, va élaborer un modèle. Toutefois, il devra tenir compte des matériaux employés, des formes et couleur. Sa préoccupation constante est celle de l’effet final modulé par certaines règles et contraintes.

Perles et paillettes formant des lignes plus ou moins épaisses selon leur taille, il lui faut éviter la maigreur et produire de l’effet. Il doit éviter la surcharge et la lourdeur, enfin le travail doit être exécutable sans problème.

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