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La distribution du travail : Il se fait de deux façons : Le
travail est livré aux ouvrières à leur domicile, certains jours
à certaines heures fixées par avance, elles évitaient de se déplacer
mais sont contraintes de respecter les délais impartis.
L’ouvrière se rend elle-même au dépôt, mais si celui-ci
n’est pas situé dans le village, il lui faudra du temps et il lui
sera difficile de marcher chargée du résultat de son travail.
Les travaux ne sont pas tous payés de la même façon, en raison
de leur difficulté. Cela pourrait susciter des rivalités
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Toutes les femmes n’ont pas la même situation sociale et ne travaillent
donc pas pour les mêmes raisons, on distingue trois types de catégories :
Les jeunes filles : elles constituent une part importante
de la main d’œuvre à domicile. La jeune fille débutante exerce ce
travail lors de sa sortie de l’école soit à 14-15 ans et ne cessera
que lors de son mariage. Il faut dire qu’elle n’est pas considérée
comme une personne à part entière. Elle travaille sous l’œil de
sa mère. Pour pouvoir s’y consacrer pleinement, elle est déchargée
de bons nombres d’activités domestiques. Son salaire qui rémunère
un travail personnel, la valorise au sein de sa famille comme aux
yeux de la communauté.
Les femmes mariées : elles ne s’adonnent que pendant leur
temps libre à cette activité. Elles se consacrent d’abord à leurs
obligations familiales. Plus que par nécessité économique, c’est
pour répondre à l’esprit du XIX èm siècle : une femme doit travailler
toute la journée. De plus ce moyen lui permet de sortir de chez
elle et d’augmenter ses échanges sociaux.
Les femmes seules (veuves ou célibataires) : pour elles,
ce travail constitue la seule source de revenus. Elles poursuivent,
plus que toutes les autres un besoin économique.
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On peut souligner qu’au début du XXè siècle, le travail, en plus
de la nécessité économique qu’il représentait, était empreint d’une
large valeur morale et l’oisiveté bannie. Repris dans le triptyque
« Travail, famille, patrie », il instaurait la bonne conduite à
tenir.
La broderie perlée était d’abord un travail à domicile, une façon
d’avoir une activité « extérieure » effectuée à l’intérieur et rémunérée.
Cela permettait aux hommes (maris et pères) d’avoir un regard sur
le comportement de leurs femmes ou filles, ce qui n’aurait point
été possible dans le cadre d’un travail à l’usine par exemple. Cette
situation servait largement les intérêts économiques de cette branche
d’activité : pas de local, pas de machines, beaucoup d’économies
avec la bénédiction d’une certaine éthique.
Enfin, la morale était sauve et par sa fonction comminatoire, elle
servait le système économique par l’embauche de femmes vulnérables
(surtout les femmes seules) et largement exploitées !
Toutefois à partir des années 1960, les brodeuses se font rares
pour finalement s’éteindre dans les années 70. Les progrès économiques,
la démocratisation de l’enseignement, les modifications des droits
de la femme sont autant de facteurs qui ont permis aux femmes de
travailler hors de leur domicile.
La broderie perlée existe encore à travers cinq entreprises qui
travaillent essentiellement pour la haute couture et le spectacle.
Ces acheteurs font quelquefois le choix des tissus, des dessins,…
mais la technique de fabrication reste sensiblement identique.
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Conclusion :
On assiste depuis les années 80 à une relance de cette activité
laissant apparaître un grand besoin en personnel qualifié. Pour
remédier à la situation, l’ANPE et les entreprises lunévilloises
ont conjugué leurs efforts pour créer en 1981, une formation au
LEP Paul Lapie de Lunéville. Ce regain d’intérêt pour les
métiers d’art et également le choix du travail à domicile qui pour
des gains équivalents à ceux des ateliers laisse aux brodeuses une
plus grande liberté et disponibilité, tout cela assortis bien sûr d’
avantages sociaux !
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