Les brodeuses de perles
 


Historique ] [ Conditions ] Distribution du travail ]

Conditions économiques et familiales :

Dans la société paysanne du XIX e siècle, la femme a un rôle et des tâches toutes définies : elle entretient la maison, éduque les enfants, prépare les repas, fait des travaux d’aiguille. A coté de toutes ces activités féminines s’ajoutent la participation aux travaux des champs.

Ce schéma permet difficilement à la femme de travailler à l’extérieur, de plus cela ne fait pas partie des normes sociales établies. Cette situation est encouragée par les moralistes qui voient dans le travail en ateliers un danger pour l’équilibre familial et une source d’immoralité.

Ce coté « femme à la maison » ne rappelle-t-il pas ce que l’on a tendance à reprocher à nos voisins d’outre-Méditerranée ? Juste une question d’époque, une situation vécue en écho…

Afin de garder sa bonne vertu et être considérée comme une femme « sérieuse », la femme opte pour le travail à domicile.

L’ouvrière à domicile n’intervient qu’au bout de la chaîne de production. En effet, les modèles sont conçus et tracés, au préalable, par l’entrepreneur qui fournit aussi les perles et les paillettes. Elle procède selon les explications reçues au dépôt ou selon l’échantillon remis.

Par contre, elle doit elle-même s’équiper d’outils : un métier à broder (généralement confectionné par le mari ou l’homme de la maison), acheter un crochet et du fil. N’oublions pas qu’elles gagnaient qu’un mark par jour….

Il faut généralement deux semaines pour apprendre à broder. Certaines brodeuses présentant plus de dextérité que les autres, l’entrepreneur qui connaît la valeur du travail de chacune, confie les travaux les plus minutieux aux ouvrières les plus habiles.

On trouve chez les brodeuses cet amour des belles choses. Elles ont plaisir à voir les motifs naître sous leurs doigts, mais elles ne savent jamais à qui va être destinée leur confection : à de grandes dames qui évoluent dans un monde qui n’est pas le leur.

Le recrutement des ouvrières :

Il se fait de manière particulière puisque il s’effectue dans un contexte rural où chacun se connaît et tout se sait. Une femme qui travaille déjà pour un entrepreneur peut lui présenter une amie, une voisine. Les deux parties mises en présence ont tôt fait de trouver un arrangement, quelquefois on demandera une pièce déjà brodée ou on s’appuiera sur la bonne présentation de la dame.

Si la main-d’œuvre vient à manquer, l’entrepreneur recrute par son réseau de connaissances les filles d’ouvrières, fait du porte à porte là où il sait qu’il y a des mains disponibles. Ensuite ce sera le bouche à oreille : un système de cooptation de temps modernes !

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