Base aérienne de Phalsbourg
 


[ La base  ] [ Suite de l'histoire de la base ]

Au cours du siècle dernier, le Pays de Phalsbourg a été sensiblement marqué par la création et le développement de la base aérienne entre Saint-Jean-Kourtzerode, Bourscheid et Mittelbronn.

Vu sa situation à l'extrême-est du Plateau Lorrain, Phalsbourg, après son passé de forteresse construite par Vauban qui s'acheva après la défaite de 1870, connut, dès 1915, lors de la Grande Guerre, l'installation sur le «Terrain d'exercice» situé entre la ville et Trois-Maisons (actuellement "Lotissement Longchamp") d'une escadrille des premiers avions militaires allemands. La guerre terminée, ce terrain fut abandonné.

L'idée d'une implantation d'un terrain d'aviation, à la limite-est de la Lorraine, fut reprise très sérieusement après la prise de pouvoir de Hitler en 1933.

La France construit la Ligne Maginot. En même temps, en 1937, on débute des travaux d'aménagement entre Bourscheid, St-Jean et Mittebronn, le long de la RN4, d'une piste en herbe, utilisable en cas de conflit.

L'occupation de la rive gauche du Rhin en 1936, et l'annexion de l'Autriche par les troupes du Führer en 1937 renforcent les craintes d'un nouveau conflit.

En septembre 1938, l'occupation d'une partie de la Tchécoslovaquie après les accords de Munich fait encore monter la tension.

L’année 1939 sera marquée par l'arrivée sur le terrain de quelques appareils Potez 63 de l'armée de l'air. La guerre se déclenche le 10 septembre 1939 par l'invasion de la Pologne.

Jusqu'au 10 mai 1940, le front reste calme. Le terrain sera évacué au moment de l'invasion de juin 1940 et de la signature de l'armistice consacrant notre défaite le 22 juin. Il confirme l'occupation de notre pays qui durera jusqu'à notre Libération en novembre 1944.

Les Allemands conserveront ce terrain militaire: la Luftwaffe y installera un énorme bunker abritant une des premières installations d'observation par radar.

C'est en 1951 que le petit terrain d'aviation, entouré de cultures et de prairies, a été retenu par l’OTAN pour y installer une des plus importantes bases aériennes américaines. Nous étions en pleine période de guerre froide entre les USA et l'URSS. L'OTAN, organisme militaire des nations de l'Ouest, installa dans le nord-est de notre pays, outre à Phalsbourg, des bases aériennes à Toul, Chambley, Laon, Chaumont. Gros-Tenquin devint une base canadienne.

Avant tout, il fallait procéder à l'achat des terrains. A l'annonce des décisions d'expropriation, la population agricole des villages environnants fut très inquiète pour l'avenir des exploitations. Les cultivateurs concernés se regroupèrent en syndicat de défense. Leurs intérêts furent défendus par le conseiller général, maire de Dannelbourg, Monsieur Georges Thomas, qui fut plus tard élu député.

Le problème de l'achat des terrains étant réglé, les travaux furent attribués aux entreprises CHEMIN et BACCI qui sous-traitèrent avec des entreprises locales. La main d'œuvre et l'encadrement vinrent s'installer dans la région et le complément fut recruté dans le pays de Phalsbourg.

Des engins très modernes travaillèrent jour et nuit pour aplanir le terrain, construire les pistes et les taxi-way, les routes et les marguerites de stationnement. On édifia les hangars, la tour de contrôle, les bâtiments administratifs, les casernes, les mess, une école, des magasins, une chapelle.

La route nationale 4 qui traversait Saint-Jean-Kourtzerode et la route départementale reliant Bourscheid à Mittelbronn furent déviées.

Ces travaux gigantesques se poursuivirent sans relâche jusqu'en 1954, date de l'ouverture officielle de PHALSBOURG AIR BASE.

   

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